Fiche biographique

Mirabeau, Victor de Riqueti, marquis de (1715 - 1789)

Naissance
05.10.1715 à Pertuis
Décès
13.07.1789 à Argenteuil
Confession
Catholique
Lieu d'origine
Nationalité
Français
Etat civil

Fils Jean Antoine Riqueti de Mirabeau (1666-1737) et de Françoise née de Castellane (1695-1769).
M. épouse en 1743 Marie Geneviève née de Vassan, veuve du chevalier Jean François de Ferrières, dont se sépare en 1757.

Biographie

Durant toute son enfance et jusqu'à la mort de son père, M. reçoit une éducation sévère. Sa vie sentimentale agitée, ses déboires et ses dépenses exagérées lui vaudront régulièrement des réprimandes paternelles. En 1724, il s'engage dans l'armée française, au régiment de Duras - au sein duquel son père s'était illustré. Dès 1731, M. voyage par obligation militaire. Tombé malade lors d’un de ces voyages, il passe quelque temps chez son ami Frédéric de Sacconay, en convalescence. Au cours de cette décennie, il fait des rencontres qui le marquent à vie, notamment avec François Olivier de Saint-Georges et Luc de Clapis, marquis de Vauvenargues, qu’il côtoye jusqu’à leurs morts. En 1739, il fait aussi la connaissance de Montesquieu à Bordeaux, avec qui il passe plusieurs semaines et fait ainsi son entrée dans la République des lettres et la société savante française.
M. achète une terre près de Paris, appelée le Bignon, où il passe une grande partie de sa vie. Ne parvenant pas à trouver de poste à la tête d’une compagnie, M. abandonne sa carrière militaire en 1743. Le 20 avril 1743, il épouse Marie de Vassan, dont il aura dix enfants. L'aîné, né en 1747, meurt à cause d’un empoisonnement à l’encre. Dès lors, il se réfugie dans l’écriture et se lance dans la rénovation de ses terres, entre lesquelles il n’aura de cesse de circuler, jusqu’à sa mort. Cette activité lui causera de nombreux problèmes financiers.
Il rédige ses premiers travaux à la fin des années 1740, sans les publier toutefois.

Au cours de l’année 1761, il invite Marie de Pailly au Bignon, une Bernoise rencontrée en 1755, qui devient sa maîtresse. Née Malvieux, elle s’était mariée à un officier suisse d’origine française, de trente ans son aîné. À partir de 1762, elle met officieusement fin à sa vie conjugale pour passer sa vie avec Mirabeau. Peu de temps après, l’épouse de Mirabeau s’exile dans le Limousin contre une pension, avant qu’il ne parvienne à la faire enfermer dans un couvent en 1766. Mirabeau se lance alors dans des projets ruineux : il achete un duché dans l’espoir de relancer son économie et pour recevoir le titre de duc, qu’il revend rapidement à perte ; il achète par la suite une mine de plomb, dont il confie la direction à son secrétaire, qui connaît le même sort que le duché. Enfin, il ouvre une boulangerie qu’il doit fermer à cause des mauvaises récoltes. Au cours des années 1760, la relation avec son fils Honoré se dégrade.
Parallèlement à ses déboires privés, sa réflexion est très prolifique. Alors qu'il critique virulemment Voltaire et les philosophes, il invite Rousseau – exilé en Angleterre – chez lui en 1767. Rousseau en est reconnaissant mais est repoussé par la pression excessive avec laquelle M. tente de le rallier au mouvement physiocratique.

Les années 1770 s’inscrivent dans la lignée de la décennie précédente. Après avoir envoyé son fils Gabriel à Malte et marié ses filles, il publie les Economiques. En 1776, sa femme ouvre un procès contre lui pour obtenir une séparation des biens, qui dure jusqu’en 1783. Au même moment, Mirabeau fait arrêter Honoré et ordonne qu’on l’enferme au château d’If (1776-1781). Son petit-fils – fils d’Honoré – meurt en 1778, le privant de sa descendance. La fin de la vie de M. est entièrement consacrée à la gestion de ses problèmes familiaux.

(source: d'après A. Bertholet, L’Ami des hommes dont vous fûtes et toujours serez le premier ami. Analyse et mise en valeur de la correspondance du marquis de Mirabeau et de Frédéric de Sacconay, mémoire de master, 2017)

Commentaires sur son oeuvre/ses écrits

L’Utilité des états provinciaux (1750) est le premier texte d’économie politique publié par M. Les finances françaises affectées par la guerre de Sept Ans (1755-1764) stimulent la réflexion de M. sur des stratégies visant à améliorer la situation économique du pays. Il publie en 1756 l’Ami des hommes. L’ayant lu et y ayant perçu les similitudes avec sa pensée, Quesnay convie M. et le convainc de sa pensée économique. En 1759, Quesnay publie le Tableau économique, qui constitue la base théorique de la pensée physiocratique. Si Quesnay n'a publié ensuite que quelques articles, la plupart des textes de M. ont été corrigés et augmentés par Quesnay, comme l’indiquent les manuscrits conservés dans le fonds M. aux Archives nationales de France.

Parmi les auteurs qui se sont joints à M. et Quesnay, on peut citer Pierre Samuel du Pont de Nemours (1739-1817), qui invente le terme de physiocrate, Pierre-Paul Lemercier de La Rivière (1719-1792), qui écrit l’Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques (1767), et l’abbé Nicolas Baudeau (1730-1792), créateur du journal des Éphémérides du citoyen. Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781) était également lié aux physiocrates, mais tenait une position plus distante.
(source: d'après A. Bertholet, L’Ami des hommes dont vous fûtes et toujours serez le premier ami, mémoire de master, 2017)

Fonctions publiques et privées
Sociétés et académies
  • Société économique - Berne (1759-?)
Relations et contacts
  • Père/Mère: Mirabeau [-Castellane], Françoise de (1685-1769)
  • Fils/Fille: Mirabeau, Honoré Gabriel de Riqueti, comte de (1749-1791)
  • Fils/Fille: Cabris [-Mirabeau], Marie Louise Elisabeth, marquise de (1752-1807)

Fonds d'archives
Ecrits non publiés
Publications
Littérature primaire
Littérature secondaire