Fiche biographique

Société du comte de la Lippe

Sociétés et académies
  • Société littéraire du comte de la Lippe - Lausanne (1742-1747)
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Issus de l’élite politique et intellectuelle de la ville, les membres fondateurs de la Société du comte de la Lippe avaient déjà établi un cercle informel qui se réunissait régulièrement chez l’un ou l’autre de ses membres. C’est en 1742 et à la demande de Charles Duval de la Pottrie qu’ils acceptent de se réunir une fois par semaine chez le jeune comte allemand Simon Auguste de la Lippe (1727-1782), en séjour à Lausanne depuis fin 1737. A ses débuts, la société est constituée du beau-père du gouverneur, le bourgmestre Jean-Samuel Seigneux, de l’assesseur baillival François Seigneux et son frère Gabriel Seigneux de Correvon, boursier de la ville, ainsi que du conseiller Antoine Polier de Saint-Germain. Le milieu académique est représenté par Georges Polier de Bottens, professeur d’hébreu et de catéchèse, alors recteur de l’Académie, Jean-François Dapples, professeur de grec et de morale, et enfin Charles-Guillaume Loys de Bochat, qui joint à la charge de professeur de droit et d’histoire celle de lieutenant baillival dès 1740. Loys de Bochat et Seigneux de Correvon jouissent alors d’une renommée internationale de par leur affiliation à des Académies étrangères et leurs activités au sein de périodiques, notamment la Bibliothèque italique et le Journal helvétique. D’autres Lausannois se joignent régulièrement aux assemblées tels l’astronome Jean-Philippe Loys de Cheseaux et le baron Jonathan de Caussade, alors que certains invités de passage n’assistent qu’à une ou deux séances, comme le médecin Laurent Garcin, le saint-gallois Gaspard Cuentz ou le syndic genevois Jean-François Turrettini et son fils Gédéon.

Le mode de discussion adopté par les membres de la société est couché dans un règlement en 19 articles lors de la première assemblée du 17 novembre 1742. Outre l'exclusion des «dames», y sont fixés la durée des séances (de deux heures au moins, ouvertes en buvant le café), l'ordre de parole (par tirage au sort), la façon d'élire de nouveaux membres, l'entière liberté des participants dans l'expression de leur opinion, de même que les limites imparties à leurs sujets de conversation qui « ne rouleront que sur quelque point de Religion, de Morale, de politique, de Droit naturel & civil, d'Histoire & de Littérature », qu'il importera de connaître au futur souverain.
La théorie morale (avec les thèmes de politesse, grandeur, prudence, avarice et prodigalité, influence de l'exemple, Fable des abeilles de Mandeville) retient tout particulièrement l'attention de la société, de même que le droit naturel et le droit des gens (guerre juste, équilibre des pouvoirs, égalité de l'homme, l’Anti-Machiavel de Frédéric II et Voltaire). Mais il est y aussi question de la Prudentia pour un souverain réformé, avec des débats autour des avantages de la religion pour un prince, du bon et mauvais usage des sociétés ou de l'utilité de l'histoire. Sans oublier les réflexions sur le comportement des deux sexes (qualité des femmes, autorité du mari sur sa femme, influence du commerce des femmes...).

Note

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Consulter le projet Lumières.Lausanne "Société du comte de la Lippe (1742-1747)", dirigé par Béla Kapossy, Danièle Tosato-Rigo, François Rosset et Béatrice Lovis, Université de Lausanne, url: https://lumieres.unil.ch/projets/lippe, mis en ligne en juin 2013.

Consulter la bibliographie relative à la Société littéraire du compte de la Lippe.

Fonds d'archives

Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCUL), 2S 1386/1-2.

Ecrits non publiés
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