Le comte de la Lippe ouvre la séance par l'opinion que l'assemblée a retenue d'une lettre de "Mr. Gordon" au sujet du tyrannicide. Gordon estime que s'il est possible de tuer un voleur ou un homme qui veut "nous ôter la vie", alors, il est légitime de tuer un tyran. L'assemblée, à part Messieurs Dapples et De Cheseaux, est plutôt d'avis qu'il ne faut pas intenter à la vie d'un mauvais prince de par les conséquences néfastes que cela peut engendrer.
Seigneux de Correvon expose ensuite un discours sur l'opinion de Bernard Mandeville au sujet de la pitié et de la compassion. D'après Seigneux, Mandeville estime que le "Beau", "l'Honnête", la "Vertu", et la "Vérité" n'ont aucune réalité, sinon celle que la coutume et la politique leur a occtroyé. Alors que Mandeville défend l'opinion que les écoles de charité ont été instituées par une fausse compassion et un amour-propre aiguisé et vaniteux, Seigneux estime que le premier s'efforce surtout d'être "applaudi par une jeunesse libertine". Lorsque que Mandeville s'arrête longuement sur la pitié comme qualité des "esprits faibles", Seigneux de Correvon retorque, s'inspirant peut-être des écrits de Béat Louis de Muralt, que le "sentiment de la conscience" ne trompe jamais un homme alerte sur l'intention véritable des actions qu'il entreprend. Pour le conférencier la "sensibilité" n'est guère une faiblesse du comportement comme l'écrit Mandeville, mais une qualité qui l'honore et qui est le propre des "grandes Ames". Toute l'assemblée loue le discours de Seigneux de Correvon et reconnaît que Mandeville est bien trop cynique pour ne pas être sincère. L'opinion générale est que l'auteur anglais est un sceptique, forcément athée, écrivant pour les libertins.