La séance débute par le résumé que présente le comte de la Lippe sur l'assemblée précédente. Lors de celle-ci il a été lu une nouvelle dissertation de Schmauss à propos du droit de la Guerre. Le jusnaturaliste allemand établit la "règle du Droit" sur le sentiment plutôt que sur la raison. De même qu'il fait de l'utile le principal but du droit naturel. Opinion que l'assemblée ne valide pas estimant qu'il en résulterait alors beaucoup d'abus. Le comte présente également une synthèse des opinions sur la lettre de Gordon à propos du parricide. L'opinion de l'assemblée à ce sujet est que le parricide est difficilement légitime.
Seigneux de Correvon présente la suite de ses réflexions au sujet des idées de Mandeville sur la pitié et la compassion. L'exposé de Seigneux de Correvon est une défense de la pitié comme sentiment inhérent à l'homme et véritable caractère de l'espèce. "Il me semble démontré (...) par la nature même des choses, qu'un sentiment commun à toutes les créatures d'un certain genre fait partie de leur être et part visiblement de l'Auteur de leurs existence." Ceux qui se laissent aller à leurs sentiments sont peut-être plus faibles que d'autres, et moins impitoyables, mais ils sont surtout "plus hommes ou plus humains". L'intervenant voit donc dans la pitié une fonction morale que la providence elle-même a établit dans l'homme afin de pousser celui-ci à pratiquer la charité et à porter secours à ses semblables. Seigneux de Correvon décrit la pitié comme un "instinct mêlé de raison".
L'assemblée a tendance à le suivre sur ce point et souligne donc que la pitié est un "instinct" et non une "vertu" à exercer. Dans le même sens les différents membres insistent sur les liens entre pitié, compassion, ou encore sensibilité et bien public. Comme l'indique Mentor à Télémaque dans le roman de Fénélon, l'assemblée suit l'idée que c'est le rôle des magistrats d'avoir à coeur les maux du peuple et d'être touchés de ceux-ci afin de les faire cesser.