L'assemblée précédente a été consacrée au commentaire de la Fable des abeilles de Mandeville. Le comte de la Lippe a retenu de la discussion que la lecture de l'ouvrage de Mandeville est très dangereuse, car il ne faut jamais se départir des principes de la véritable vertu, ou malmener celle-ci en l'abordant ironiquement.
L'assemblée XXXVII est essentiellement consacrée à la discussion de la 4e dissertation de Schmauss, lue lors de la réunion. Paul-Etienne Loys de Cheseaux estime que Schmauss a été trop généreux avec l'état de nature qu'il décrit comme un état de délices. Jean-Samuel Seigneux quant à lui approuve la méthode de Schmauss disant néanmoins que l'état de nature ne saurait durer longtemps car il consiste à faire à autrui ce que l'on voudrait qui'il nous fut fait (on perçoit là la transposition d'une loi de l'Evangile) ce qui ne saurait durer très longtemps, surtout avec une humanité étendue. De plus, d'après le même, comme les hommes ont le "coeur mauvais" et qu'ils ne saisissent pas correctement les avantages de l'association civile il leur faut des lois divines pour les organiser et les obliger à faire leur devoir. De manière générale, l'assemblée ne partage pas l'opinion de Schmauss sur la supériorité des lois humaines sur les lois divines. Le conseiller de Saint-Germain pense que les lois humaines ne résolvent pas tous les cas et qu'il faut bien une "Révélation" qui le fasse et les soutienne. Quant à François Seigneux, il ne partage pas l'opinion de Schmauss d'après laquelle l'état naturel des hommes est le fondement du Droit naturel, il dit en effet que pour qu'il y ait obligation, il faut qu'il y ait un Supérieur. En conclusion, l'assemblée est gênée par l'assimilation que Schmauss semble proposer entre hommes et animaux à l'état de nature, le professeur Polier reproche au jusnaturaliste de n'avoir guère parlé de l'âme et la plupart lui tiennent rigueur d'écarter Dieu de l'expression des lois naturelles et de fonder celles-ci sur la nature de l'homme et des choses.