Fiche biographique

Seigneux de Correvon, Gabriel (1695 - 1775)

Naissance
26.10.1695 à Lausanne
Décès
25.12.1775 à Lausanne
Confession
Protestant
Lieu d'origine
Lausanne
Nationalité
Suisse (VD)
Etat civil

Fils de Jean-Louis (1660-1731), assesseur baillival, et de Susanne de Saussure (née en 1665). Frère de François. Epouse le 21 mars 1735 Esther de Loys, fille de Benjamin et de Madeleine Louise Mannlich. Devient coseigneur de Correvon par son mariage.

Biographie

S. reçoit une éducation privée par des précepteurs avant d'étudier la philosophie à l'Académie de Lausanne (1711-1712), où les cours sont donnés par Jean Pierre de Crousaz. S. va ensuite, en 1713, étudier la théologie et la morale à Genève où il reçoit l'enseignement de Bernard Pictet et de Jean-Alphonse Turretini. Il revient ensuite à Lausanne pour étudier le droit naturel enseigné par Jean Barbeyrac à l'Académie (1714-1715). S. termine ses études à Bâle en droit avec Charles Guillaume Loys de Bochat et défend sa thèse le 21 mai 1717. Il fait également plusieurs voyages, notamment dans le sud de la France en 1719, avec Loys de Bochat, où il rencontre des membres de l'Académie de Marseille. De 1723 à 1724, il part en Hollande avec Loys de Bochat, où la princesse de Nassau lui propose d'être son conseiller privé, ce qu'il refuse. S. séjourne à Paris sur le retour. De 1718 à 1729 il est juge au Chapitre de Lausanne. Membre du Conseil des Deux-Cents (mars 1723), membre fondateur, en 1726, de l'Ecole de charité de Lausanne dont il est le premier secrétaire. S. est, à la suite de son père, président  laïc (1731-1773) de l'Ecole de charité à tour de rôle avec son ami Georges Pierre Polier de Bottens. Le 6 juillet 1732 il est reçu à la Société anglaise pour la propagation de la foi en tant que correspondant étranger. S. travaille avec Charles Guillaume Loys de Bochat à un projet de transformation de l'Académie en université. Boursier de Lausanne (1740-1744), membre de la Société du Comte de la Lippe (1742-1745), S. est accepté comme associé étranger de l'Académie de Marseille le 1er février 1747. S. remplace feu M. Rosset d'Echandens comme banneret du Pont en 1749-1750. Il devient membre ordinaire de la Société économique de Berne le 2 février 1760, puis fonde la Société économique de Lausanne en 1761 dont il est le premier président. En 1766, à la mort de Jean Samuel Seigneux, il brigue le poste de bourgmestre de la ville de Lausanne, finalement attribué à Antoine Polier de Saint-Germain, S. est ensuite banneret du Pont (17 septembre 1772). Il écrit dans Aristide ou le Citoyen (1766-1767), puis collabore à la Gazette littéraire et universelle de l'Europe (1768-1769). Il travaille également pour La Bibliothèque germanique, La Bibliothèque italique, Le Mercure suisse, le Museum Helveticum et le Choix littéraire.
(source: d'après T. Garlet La Société du Comte de la Lippe (1742-1745). Recherches biographiques et bibliographiques, Université de Lausanne, 2009, p. 14-16)

Commentaires sur son oeuvre/ses écrits

"«Liberté littéraire et helvétique», voilà une formule de sa pensée qui se classe dans le cadre traditionnel de l'helvétisme du XVIIIe siècle avec ses mythes historiques et avec son idéologie de la liberté ancienne. On notera certains éléments caractérisant un modéré des Lumières : un fort engagement pédagogique, des intérêts vifs pour l'économie (voir ses publications concernant l'agriculture, et sa collaboration à la Société économique de Berne), une sensibilité à l'égard des nouvelles doctrines juridiques italiennes (trad. des Animadversiones ad criminalem jurisprudentiam pertinentes de P. Risi et Dei delitti e delle pene de C. Beccaria) ; voir M. Mirri, «La cultura svizzera, Rousseau e Beccaria : variazoni settecentesche sul tema della virtù », Memorie dell' Accademia delle Scienze di Torino, Classe di scienze morali, storiche e filologiche, 4e série, n° 9, Turin, 1966, p. 133-239) ; il a affirmé son opposition à la torture (Essai sur l'usage, l'abus et les inconvénients de la torture dans la procédure criminelle), sa position en faveur de la tolérance dans le cadre d'un conservatisme fondamental quoique « éclairé » en matière de religion.

Le cosmopolitisme et la liberté, des valeurs étroitement liées avec l'helvétisme, constituent le trait d'union entre cette idéologie et les idées de S. sur la fonction du journaliste et du critique. C'est en vertu de sa qualité de «Suisse», «philosophe», «homme libre», qu'il peut s'acquitter de ses devoirs à l'égard de la République des Lettres et du public. En collaborant à la diffusion des résultats des recherches de ses contemporains, il s'inspire de 1'«amour des lettres», et vise à une équitable distinction entre vérités et erreur, mérites littéraires et démérites.

La fonction du journal selon S. est «presque uniquement d'instruire en dévoilant des utilités cachées, des beautés inconnues [...]. Ce plaisir doit y naître continuellement du goût et le goût ne doit naître que de l'utilité qu'en retire le lecteur. Je regarde le journaliste comme un relateur». Selon S., la physionomie professionnelle du «journaliste» s'éloigne de plus en plus de celle de l'auteur et possède désormais ses propres traits ; elle se définit par la satisfaction des exigences culturelles du public. S. participe aussi à une tendance générale de l'évolution du journalisme (voir H. Mattauch, Die literarische Kritik der frühen französischen Zeitschriften (1665-1748), München, 1968, p. 37). S. renverse les termes traditionnels de la question de la préséance ou de la dignité littéraire des diverses langues, anciennes et modernes : il n'accorde aucune préséance à une langue plutôt qu'à une autre et refuse les Paradoxes nationaux «que produit l'amour excessif de la patrie». Le nouveau critère que S. introduit dans la discussion est le suivant : c'est l'apport d'une langue à la littérature qui définit la supériorité de cette langue (dans quelle mesure se ressent-il des théories de J.P. de Crousaz?)."
(source: extrait tiré de F. B. Crucitti-Ullrich, "Gabriel Seigneux de Correvon (1695-1775)", in J. Sgard, Dictionnaire des Journalistes, notice 745, consulté le 30.01.2017)

Fonctions publiques et privées
  • 1718 - 1729  Juge du Chapitre à Lausanne
  • 1726 - 1731  Secrétaire de l'Ecole de charité à Lausanne
  • 1731 - 1773  Président de l'Ecole de charité à Lausanne
  • 1740 - 1744  Boursier à Lausanne
  • 1749 - 1750  Banneret du Pont (remplaçant) à Lausanne
  • 17.09.1772 - 25.12.1775  Banneret du Pont à Lausanne
Sociétés et académies
  • 01.02.1747 - 1775  Académie - Marseille
  • 1761 - ?  Société économique - Lausanne (1761-v.1771)
  • 1760 - 1775  Société économique - Berne (1759-?)
  • 1742 - 1747  Société littéraire du comte de la Lippe - Lausanne (1742-1747)
Relations et contacts

Fonds d'archives

Bibliothèque de Genève (BGE), Correspondance Gabriel de Seigneux (de Correvon), Ms. fr. 9101-9103;

Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne (BCUL), Fonds Seigneux, IS 1931;

Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel (BPUN), Fonds Louis Bourguet.

Ecrits non publiés
Publications
Littérature primaire
Littérature secondaire