Transcription

Mingard, Gabriel, Lettre à Isaac van Schinne, Lausanne, 01 novembre 1768

Monsieur,

Dans un petit voyage que je viens de faire il y a deux jours, on m’a parlé
d’une personne propre à entrer chez vous comme gouvernante et d’abord
je suis allé prendre des informations, et comme elles se trouvent extrê=
mement favorables, je ne voudrais pas laisser passer l’occasion de vous
procurer une très brave et digne demoiselle qui a reçue elle-même une
bonne éducation et sur le compte de laquelle toutes les voix se réunissent.
Je me hâte de vous demander vos dernières instructions. Elle n’ira pas
à moins de ƒ200 pour la première année, 10 florins d’augmentation
chaque année pendant 6 ans. Son voyage payé pour aller, et ce même
voyage payé pour revenir si sa santé ne pouvait pas supporter l’air
de la Hollande ou que au bout de six 6 ans du temps nécessaire, elle dut s’en revenir
parce qu’elle aurait fini l’éducation de vos chères filles. Voilà, Monsieur,
les meilleures conditions que j’ai pu trouver. Le temps ne me permet pas d’entrer
dans un plus grand détail. Les réflexions contenues dans ma précédente
m’en dispensent. Il faudrait me répondre par le premier courrier après la
réception de celle-ci. S’il vous fallait une gouvernante propre pour une cour
et accoutumée au grand monde et à de gros gages et à être servie elle-même,
<1v> je vous l’aurais trouvée il y a trois mois, mais sur la lettre dont vous nous avez
honorés au mois d’avril dernier, je compris que ce n'était pas ce qu’il vous
fallait. Si vous connaissez une place à remplir dans ce genre, je vous
serais bien obligé si vous vouliez me l’indiquer. Il s’agit d’une demoiselle
fort aimable qui a été douze ans à la cour de Darmstadt, et un peu ma
parente. Celle dont il s’agit actuellement pour vous est la fille d’un ministre
très instruite dans la religion et dans ce qui convient à de jeunes demoiselles,
très sage, pleine de piété et de sagesse. Sans vanité, sachant bien les ouvrages,
et qui s’est faite très estimer de tout le monde. Comme elle est recherchée
pour d'autres places, elle attendra une 20ne de jours pour avoir votre
réponse. Agréez avec Madame van Schinne nos honneurs très
humbles et les assurances du dévouement avec lequel je serai toujours,
Monsieur

Votre très humble
et très obéissant serviteur

G. Mingard

Lausanne, le 1e 9bre 1768.

Pardonnez au peu de temps que j’ai pour
profiter du courrier une lettre très griffonnée.

Note

  Public

L'orthographe et la ponctuation  ont été modernisées.

Citer comme
Mingard, Gabriel, Lettre à Isaac van Schinne, Lausanne, 01 novembre 1768, cote NL-HaNA, 1.10.75.01, inv.nr. 25. Selon la transcription établie par Kees van Strien pour Lumières.Lausanne (Université de Lausanne), mise en ligne le 04.10.2026, version du 06.10.2026, url: https://lumieres.unil.ch/fiches/trans/1446/.
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