REF TI- ANTHROPOLOGIE IV Partie BOULOLOGIE ou Science de l'homme consideré comme doué de volonté, d'activité, de liberté, et des regles morales qu'il doit suivre dans ses determinations en vue du plus grand bien AU- Chavannes, Alexandre César BT- PU- TIS- TXS- AB- TD- SE- NO- VO- None NV- None EN- LI- [Lausanne] ET- DA- 1750-01-01 YE- 1750 PA- 302 TC- Anthropologie ou Science générale de l'homme: Boulologie, Tome I IS- AB-

Septième volume et quatrième partie de l’Anthropologie d’Alexandre César Chavannes, la Boulologie est la science de l’homme « considéré comme doué de volonté, d’activité, de liberté, et des règles morales qu’il doit suivre dans ses déterminations en vue du plus grand bien. » Elle constitue la deuxième partie du volet philosophique de l’Anthropologie qui comprend aussi la Noologie. Si la Noologie est l’étude de l’homme intellectuel, la Boulologie est l’étude de l’homme moral. A noter que le terme de « boulologie » est un néologisme forgé par Chavannes et, bien que son auteur ne précise pas la racine de ce mot, il est probablement formé à partir de la racine grecque « boulê » qui signifie volonté. Ce volume comprend deux sections : une théorie psychologique de l’homme moral et la morale proprement dite.

La « section première » se déploie en quatre points. Premièrement, l’analyse des causes impulsives ou penchants, qui déterminent la volonté de l’homme. Ces penchants sont divisés en trois ordres : les penchants naturels ou sensuels, que l’homme partage avec les animaux, déterminés par l’influence des choses sensibles, les penchants rationnels, propres à l’homme puisque liés à l’usage de la raison (le goût pour l’ordre, le beau ou la perfection), et les penchants mixtes qui s’exercent à la fois sur les objets sensibles et non sensibles (la curiosité, le goût de la nouveauté ou la sociabilité). Deuxièmement, l’analyse des causes finales ou des motifs distincts et réfléchis dont l’influence sur la volonté produit l’exercice de la liberté morale. Ces motifs agissent sur la volonté en vue d’une fin générale commune pour l’homme : accéder à la perfection de l’âme et au plus grand bonheur possible. Troisièmement, l’établissement d’une nécessité pour l’homme, imposée par la sagesse, à se soumettre à des règles claires et distinctes envers lui-même (quant à ses mœurs, son intelligence et sa perfection) et envers les êtres qui l’environnent (êtres inanimés et animés ; les autres hommes). Enfin, quatrièmement, l’obligation pour l’homme de s’élever jusqu’à l’idée de sa première origine et de sa destination future. Cette élévation est le seul moyen pour lui de découvrir toute l’étendue et l’importance des règles précédemment citées quant à sa perfection et à son bonheur.

La « seconde section » présente la morale proprement dite dans laquelle Chavannes expose les règles ou lois naturelles qui résultent des rapports permanents de l’être humain avec ses semblables et qui déterminent les actions auxquelles il doit se conformer afin de répondre aux vues de l’auteur de son existence (Dieu) et de sa destination. Ces lois naturelles (loi sanction, lois humaines, lois divines et lois positives) sont conduites par le sens moral, la raison et la conscience et se distinguent entre lois impératives (ce qui est commandé) et lois prohibitives (ce qui est défendu). De là naissent les devoirs auxquels l’homme doit se soumettre, envers lui-même, envers Dieu et envers ses semblables. Chavannes énonce ensuite les principes généraux permettant à l’homme de définir la qualité et la quantité morale des actions. Plus précisément, il s’agit d’établir, par le biais de la conscience, si une action est bonne (conduit à la vertu), mauvaise (conduit au vice) ou indifférente. L’auteur conclut cette section en abordant la sanction des lois divines, partagées en récompenses et en peines qui agissent sur l’homme dans sa vie actuelle et future.

Chavannes achève son volume par un chapitre intitulé « Nécessité d’une morale révélée ». La Boulologie, comme l’ensemble des volumes qui composent l’Anthropologie, adopte un ton résolument philosophique et gomme toute terminologie théologique. Ainsi, la notion de Salut est remplacée, tout au long du volume, par le terme de « destination ». Toutefois, Chavannes considère, dans ce dernier chapitre, que la morale philosophique ne peut se passer d’une morale chrétienne (ou morale révélée) pour être pleinement efficiente. Il annonce dès lors la rédaction prochaine d’un second volume, distinct de l’Anthropologie, consacré à la morale chrétienne. Il n’est pas impossible que ce « second volume » ait finalement pris la forme d’un ouvrage plus étendu intitulé Cours complet de morale chrétienne. Cet ouvrage, composé de dix volumes, est resté lui aussi manuscrit. Il se divise en morale générale et morale particulière, et présente le cours de morale enseigné par Chavannes à l’Académie de Lausanne.

Ce volume a été transcrit et étudié dans le cadre du projet Lumières.Lausanne "A. C. Chavannes et sa Science générale de l'homme (1788)", dirigé par Christian Grosse, Université de Lausanne, url: https://lumieres.unil.ch/projets/chavannes

KE- Philosophie; Sciences; Liberté (Philosophie); Morale/moeurs (Philosophie); Anthropologie (Sciences) UR- AC- DB- lumieres.VD LG- Français END