Fiche biographique

Warens [-de la Tour], Françoise-Louise de (1699 - 1762)

Naissance
31.03.1699 à Vevey
Décès
29.07.1762 à Chambéry (FR)
Confession
Catholique
Lieu d'origine
Nationalité
Suisse (VD)
Etat civil

Bapt. le 5 avril 1699 à Vevey. Protestante puis catholique (1726). Fille de Jean-Baptiste de la Tour, noble du Châtelard (auj. Montreux), et de Jeanne Louise née Warnery. Epouse le 22 septembre 1713 Sébastien-Isaac de Loys (1688-1754), seigneur de Vuarrens, membre du Conseil de Vevey (divorce le 24 février 1727).

Biographie

Après avoir perdu sa mère en 1704, puis son père en 1709, W. est envoyée en pension en 1711. Au début de l’année 1713, alors qu’elle n’a que 14 ans, W. rencontre Sébastien-Isaac de Loys, qui l’épouse quelques mois plus tard. Le couple partage son temps entre Vevey, les Bassets (près de Vevey) où W. assure la direction des vendanges, et Lausanne où Sébastien-Isaac a des obligations politiques et militaires. En 1725, W. fonde une manufacture de bas de soie à Vevey qui fait faillite l’année suivante. En juillet 1726, W. fuit à Evian et se convertit au catholicisme en septembre de la même année. Elle entre au couvent de la Visitation à Annecy pour apprendre le catéchisme et obtient la protection du duc de Savoie (roi de Sardaigne) et de l’évêque, qui lui accordent tous deux une pension. Le Sénat de Berne lui confisque ses biens et son mari en obtient la gestion. En 1727, le divorce est déclaré par le consistoire suprême de Berne. W. rencontre Jean-Jacques Rousseau, alors âgé de 15 ans et fraîchement converti au catholicisme, et entreprend dès septembre 1729 son éducation religieuse, mathématique, musicale, littéraire, puis sentimentale. En 1731, W. s’installe à Chambéry, où Rousseau la rejoint peu après. En 1734, il devient son secrétaire. W. s’installe en 1735 aux Charmettes à proximité de Chambéry où Rousseau découvre le goût pour l’écriture. Il la quitte pour se rendre à Paris en 1742. Dès 1737, W. gère une exploitation agricole et ce jusqu’en 1749. Sous l’occupation espagnole de la Savoie (1742-1748), sa pension émanant du roi est supsendue. Pour ne pas avoir à réduire son train de vie, W. se lance dans l’exploitation minière au chapitre de Sallanches dès 1745, en Hautes-Mauriennes de 1747 à 1757, et dans l’export de charbon dès 1752. Cette période est la plus faste de la vie de W., particulièrement en 1750. A partir de 1752, W. est poursuivie en justice pour le règlement de plusieurs dettes. Sa santé se détériore dès 1756 et W. meurt des suites de sa maladie dans le faubourg Nezin à Chambéry en 1762.
(informations tirées de A. Noschis, Madame de Warens: éducatrice de Rousseau, espionne, femme d'affaires, libertine, 2012, p. 479-483)

Commentaires sur son oeuvre/ses écrits

Les Mémoires de Mme de Warens, publiés à Chambéry en 1786, sont apocryphes. Ils ont été rédigés par le docteur et l'avocat Doppet.

Maîtresse et protectrice de Rousseau, elle est évoquée dans ses Confessions. W. lui aurait inspiré aussi sa Nouvelle Héloïse.

Fonctions publiques et privées
Sociétés et académies
Relations et contacts

    Note

      Public

    Les informations complémentaires sur l'état civil de W. sont tirées de P. Crivelli, "Warens, Françoise-Louise de", in Dictionnaire historique de la Suisse, version du 26.08.2013

    Selon le DHS, la raison de son départ pour la Savoie est la suivante : "En 1725, W. prit la direction d'une fabrique de bas de soie et de galettes (armatures de chapeaux). [Elle se réfugie] en Savoie pour échapper au scandale [...]"

    Fonds d'archives

    Archives cantonales vaudoises (ACV), Fonds P Loys (famille).

    Publications
    Littérature secondaire